31 octobre 2006

s'asseoir un instant...


S’il me fallait conclure je dirais que cette année m’a apporté la conviction qu’une bonne coopération artistique internationale passe par une prise en compte réelle de l’autre.

Ce DESS, par son fonctionnement même, nous pousse au déplacement, à la rencontre, à l’écoute.

Je suis partie avec un projet, des crayons, des papiers, une caméra, un appareil photo, beaucoup de bonne volonté, une paire d’yeux et surtout une bonne paire de pieds, le goût du voyage et l’envi de faire avancer les choses.

Lever les yeux sur l’autre, le regarder créer permet de cerner, de la façon la plus équitable possible, les conditions à prendre en compte pour que s’harmonisent les projets, les envies, les besoins et les possibles

Cela m’a appris aussi que rien n’est figé et qu’il faut apprendre à s’adapter, rencontrer une autre culture et vouloir mettre en place des projets culturels avec ses artistes et ses structures impliquent de s’éloigner de ses pratiques propres.

J’ai la sensation d’avoir mener à bien le projet que je m’étais fixé (je suis actuellement en montage des images prises lors de mes rencontres avec les danseurs et chorégraphes rencontrés en Inde et au Mali). Cette aventure m’a aussi donné la possibilité de rebondir sur d’autres plans – notamment avec Kettly Noël en Afrique.

Une porte s’est ouverte …

19 avril 2006

loulou l'artiste fou!!

Loulou voit des visages dans les bidons en plastiques ! Armé d'un cutter il découpe soigneusement ce qui sera la mâchoire, l'angle du front, la barbe et le cheveu de son messager de plastique. Deux coquillages donnent le regard à la sculpture fantastique. L’art du recyclage bien connu en Afrique rappelle que l’imaginaire se débrouille toujours pour émerger peu importe les moyens à disposition (qui se simplifient ou se compliquent étrangement selon ou le pays où l’on se trouve).

Voilà quelques exemples (toute ressemblance avec un membre de votre famille ou un personnage déjà existant n'est que pure coïncidence !). Si jamais vous passez à Bamako n’hésitez pas à le contacter pour visiter son atelier et discuter avec lui de ses innombrables aventures : dogonostyle@hotmail.com



Celui-là c'est le mien ! :


Ps : Loulou a besoin de bidons, de colle et de tout ce qui pourrait tenir sur une tête et un masque, si vous passer par là-bas...

18 avril 2006

re nez sens


Période de blanc. Je me suis tue. Zavez-vu ? Trop d’émotions partagées, d’arrivée massive de l’étrange, du fabuleux-Autre, de l’ailleurs. Les trois jours de transit entre l’Inde et le Mali m’ont séchés. Surtout que je les ai passés malade au fond du lit.

Le peu de force qu’il me restait à l’arrivée à Bamako m’a aidé à vous écrire deux mots. Puis plus rien. Je reviens donc rassurer certains sur mon état général. Température corporelle correcte, maux de ventre presque disparus, moral…. au beau fixe.

Je suis tombée amoureuse …amoureuse du Mali.

Bamako ne se laisse pas apprivoiser facilement, d’où une période de doute et un petit blues (l’accumulation d’images et de rencontres fortes, nourrissantes, éprouvantes m’aurait presque étourdie…en tout cas laissée sans mots, sans voix quelques temps).

Imaginez la chaleur de la ville…les femmes aux couleurs enroulées dans des tissus plus heureux les uns que les autres….la petite fille qui porte sont petit frère au bas des reins bien calé dans son linge…il garde les yeux ouvert sur le coté et tente de voir le monde qui défile devant lui….quelques part on parle fort …quelque part on rit…quelque part on marchande…Le cordonnier a ouvert sa boutique (une table- quelques outils) sous un arbre… à la radio on passe le dernier Salif Keita…une femme porte sur sa tête un amas d’objets gros comme un fauteuil…elle est droite…et légère…


Mais surtout Bamako parle…..Bambara…arabe…wolof….français….qu’importe les gens s’arrêtent, discutent, échangent, se posent
un instant ensemble même s’il ne se connaissent pas …partagent un thé et une histoire…S’empruntent le tapis de prière et s’y relaient….On se quitte en se souhaitant la santé et le meilleur pour la famille : « Inch’Allah ».

Bon évidemment tout n’est pas rose, je ne suis pas bisounours, je ne vis pas sur un nuage mais bon Bamako m’a fait un bien fou. Et j’ose même dire que je sens que j’ai des choses à faire là-bas. Parce que culturellement c’est un ville remplie, pleine et grosse de créations et d’inventions. Ma rencontre avec Kettly Noël a été déterminante quant à ma vision de la danse contemporaine africaine…elle n’a presque rien à envier à l’Europe (ou aux pays dis du Nord) si ce n’est la structure et les subventions (bon ça fait pas mal mais ça fait pas l’art !). J’ai également croisé Yaya Coulibaly, sorte de fabriquant fous de marionnettes et de fables. Lors d’une répétition (dehors bien sûr) les gens se sont amassés comme des enfants pour suivre son histoire du lièvre et de la pintade avec beaucoup d’intérêt. Cette métaphore du voleur et de l’autorité a emporté tout le monde.

Et puis il y a les rencontres au Carrefour des jeunes , sorte de viviers de talents confirmés ou émergeants. C’est en tout cas un haut lieu de transmission des arts vivants ( danse, musique…). J’y rencontre un ancien détenu devenu musicien de Cora qui enseigne à présent aux enfants des rues dans l’espoir de les sortir de l’errance avec la musique. Je crois que je n’oublierai jamais son regard si effrayant… si bon.

J'y rencontre aussi un troupe de danse traditionnelle. La beauté, la souplesse, la clarté des mouvements des danseurs et des percussionnistes me laisse sans voix.

Juste pour le plaisir des yeux:

Rituel du thé avec Alassan le Touareg :


Le sotrama: mode transport généralement blindé (là il sort juste du terminus) jusqu'à 20 personnes et 3 poulets. Le plus symopa et pas cher pour se déplacer (se renseigner avant où il va car ils ont des chemins bien précis) .
Une montagne d'igname....(aussi appellé navet mexicain!)
petit business de bidons :
Jour de lessive sur les bords du Niger:


L'homme de bois (marionette confectionnée par la compagnie de Yaya Coulibaly):

Message routier-routinier: Voilà, je vous envoie toute les bonnes ondes que j'ai reçues là-bas, tout les bonheurs, les sourires et la chaleur possible:



04 avril 2006

Afrique au Zénith

Les jeudis musicaux du musée national de Bamako :

Chaque jeudis, de 16h30 à 18h30, le musée national du Mali accueille musiques et danses traditionnelles. C’est un bon moyen d’apprécier la tombée du jour et l’arrivée de la fraîcheur du début de soirée !

Lien vers le site du musée :http://www.museenationaldumali.org.ml

Le 1er avril dernier, l’Institut des jeunes aveugles du Mali à Faladié (au sud de Bamako) a accueillit la deuxième édition du festival de musique Paris - Bamako.

Le prix d’entrée était de 100 CFA (environ 0,15 cts d'euros! ). Les dons étaient bienvenus..

C’est la deuxième année consécutive que ce festival s’établit à Bamako. Il était parrainé cette année par Amadou et Mariam.

Les alliances musicales se sont succédées parfois de manière inattendue (Duo M / Tiken Jah Fakoly) parfois de manière plus traditionnelle (Amadou et Mariam avec Hadja Soumano). Etaient présent également : Bâ Cissoko, Mo Dj, Oxmo Puccino, Manjul, Electro Bamako, Sébastien Schuller, K’Naam, Amy Koïta.

Selon Alice Lepers, organisatrice du festival «les Paris Bamako, c’est encourager les artistes dans le sens du métissage. Et, grâce à l’entrée en scène du fabricant de lunette Alain Mikli, qui sponsorise l’édition 2006, le festival pourra, dès cette année, se rendre au festival de jazz de Montréal puis à Bruxelles et ailleurs où il se produira devant des publics solvables».

Au-delà du caractère festif de cet événement, «Les Paris Bamako» permettra la rénovation complète de l’internat de l’INJA.





31 mars 2006

Saga Africaine


Bienvenue à l’aéroport de Bamako Sénou ; Il fait actuellement 72 °C, il est 21h35. Nous vous souhaitons un trés bon sé-four !! heum…séjour !

Après deux jours de transit, transie par le froid de Paris (Ah ! le charme des giboulée de mars !!!), je chemine, je vole, j’arrive à Bamako-Mali.

Je sens que mon corps commence à fatiguer des changements de températures, d’odeurs, d’air, de nourritures, d’heure GMT. La chaleur écrasante du Mali (c’est la saison chaude) pourrait bien m’achever.

Je décide donc de m’adapter au rythme et régime imposés par le climat : à savoir beaucoup d’eau (le soir une petite bière est la solution fraîcheur !!Effet Kiss cool assuré !), ne surtout pas se presser (tranqui, tranqui !), et faire une sieste pour toutes activités. Exemple : se lever, une sieste, lire, une sieste, déjeuner, une sieste, rencontrer un danseur et discuter – une sieste- sortir écouter un concert de Reggae – une sieste- etc.…jusqu’à la nuit que je passe, les premiers jours, sur la terrasse de virginie Seguinaud, à la belle étoile, sous une moustiquaire : un vrai coin de paradis. Je me réveille chaque matin avec le lever du soleil et l’appel du Muazzin.

J’ai pu rencontrer Kettly Noël dans son école de Donko Seko. Nous avons discuté un peu des échanges que nous allons faire dans les jours qui suivent. Je doit filmer et interviewer des danseurs demain dans son école.

Me voilà de nouveau confrontée au déplacement dans la ville, Bamako ressemblant à un énorme embouteillage. Quoi prendre, bus, taxi, cheval ?? et comment arriver où je veux sans savoir exactement le nom des quartiers, des rues etc.…Accrochée à de bonnes tongs de marche, je tourne et déboule (et pour l’instant j’arrive aux bons endroits, même si je mets trois fois plus de temps qu’un adapté)

Les petits bus, des sotramas, semblent une belle alternative mais ils suivent des chemins précis. L’idéal serait donc de savoir par où ils passent tout en sachant qu’aucun plan du réseau n’existe ! Inch Hallah comme diraient les murs de cette ville. Je verrais au jour le jour !

Depuis Kolkatta, Je commence à aimé les odeurs de ces villes vivantes. L’odeur de la fin du marché, l’odeur de l’humidité la nuit, l’odeur du cinq sur cinq anti-moustique, l’odeur des spécialité cuite, frits, marinées dans la rue, l’odeur de lait caillé, l’odeur de la vie dehors.

Rose Laurens- Africa

(ca c'est pour la petite chanson qui reste dans la tête! Allez bonne journée! )


Je suis amoureuse d'une terre sauvage.
Un sorcier vaudou m'a peint le visage.
Son gri-gri me suit au son des tam-tams,
Parfum de magie sur ma peau blanche de femme.
Africa,
J'ai envie de danser comme toi,
De m'offrir à ta loi,
Africa,
De bouger à me faire mal de toi,
Et d'obéir à ta voix,
Africa.
Je danse pieds-nus sous un soleil rouge.
Les dieux à genoux ont le cœur qui bouge.
Le feu de mon corps devient un rebelle.
Le cri des gourous a déchiré le ciel.
Africa,
J'ai envie de danser comme toi,
De m'offrir à ta loi,
Africa,
De bouger à me faire mal de toi,
Et d'obéir à ta voix,
Africa.
Dangereuse et sensuelle, sous ta pluie sucrée,
Panthère ou gazelle, je me suis couchée.
Au creux de tes griffes, je suis revenue.
À l'ombre des cases, je ferai ma tribu.
Africa,
J'ai envie de danser comme toi,
De m'offrir à ta loi,
Africa,
De bouger à me faire mal de toi,
Et d'obéir à ta voix,
Africa, Africa.
Je suis amoureuse d'une terre sauvage.
Un sorcier vaudou m'a peint le visage.
Son gri-gri me suit au son des tambours,
Parfum de folie, magie de l'amour.
*(5 fois)*
Africa, Africa.

Bien à vous...

20 mars 2006

Dense Varanasi !



Le 7 mars dernier, la ville sainte de Varanasi a subi un triple attentat à la bombe faisant au moins 20 morts et 60 blessés. Varanasi, anciennement Bénares, est un haut lieu de pèlerinage hindou.
L’évènement a fait craindre une flambée de violence religieuse dans le pays. Nous avions décider, Emma et moi, d’aller là-bas avant l'incident, nous restons donc sur notre décision et ne cédons pas à la panique. Bienheureuses, car effectivement tout s’est bien passé, c’est tout juste si l’on sentait la présence renforcée de la police.



Varanasi est une ville sublime. Outre les crémations qui peuvent venir cogner la sensibilité de certains (j’avoue que l’odeur est particulièrement brutale), le lever du soleil, le rituel du bain dans le Gange, les ruelles escarpées, les multiples peintures de dieux et déesses hindous et les milles marches jusqu’au fleuve font de cette ville un lieu véritablement magique.





En voici un petit aperçu qui ne peut évidement pas remplacer un voyage sur place :


















Pour plus de détails sur l’attentat voici le lien vers l'article du journal Libé : http://www.liberation.fr/page.php?Article=365357

19 mars 2006

Akar Prakar


Quelques images d' Akar Prakar à Kolkatta, dernière née des galerie d'art contemporain . Akar signifie "forme" en sanskri et prakar "diversité".
Ils proposent actuellement une exposition sur l'artiste bengali Sanat Kar.






le lien vers leur site internet (encore en construction) : http://www.akarprakar.com/main.php